Darya.
Histoire d’une badante ukrainienne

Auteur/trice(s) Jane Evelyn Atwood .

38,00

Le phénomène des badanti révélé par l’une des plus grandes photographes documentaires de notre époque

Photographies & textes
Jane Evelyn Atwood

UGS : DARY Catégories : , , Géographie : ,

Le Livre

Apparu à la fin des années 1990 et ayant explosé au début des années 2000, le phénomène des badanti demeure très présent en Italie où l’on estime actuellement à plus d’1 million le nombre d’auxiliaires de vie, femmes originaires d’Europe de l’Est (surtout d’Ukraine, de Moldavie et de Roumanie) qu’elles ont quittée après que l’économie de ces pays se soit effondrée. Ces femmes n’ont en général pas de contrat de travail régularisé et travaillent six jours sur sept, au minimum 11 heures par jour.
Jane Evelyn Atwood, dont on connaît l’intérêt pour les gens qui vivent en marge, a suivi l’une d’elles pendant plusieurs mois en 2007. Venue d’Ukraine avec un visa de tourisme, Darya travaille à Bolzano, chez quatre sœurs âgées et physiquement très diminuées. Du matin au soir, elle s’occupe d’elles — soins, hygiène, toilette, repas —, mais aussi de la maison, des courses et du ménage.

Une fois par an, parfois deux, Darya retourne dans son village d’Ukraine, où l’attendent son mari, Igor, et ses deux filles âgées d’une vingtaine d’années. Les retrouvailles sont émouvantes, mais chaque voyage révèle un peu plus le fossé qui se creuse entre Darya et les siens. L’argent envoyé par Darya transforme la maison et améliore considérablement le niveau de vie de la famille qui se tourne vers la société de consommation, alors que Darya vit chichement en Italie et semble avoir d’autres valeurs. Qu’en sera-t-il lorsque viendra pour elle le temps de la retraite et le retour au pays ?

Avec l’empathie qui la caractérise, dans une démarche rigoureuse, Jane Evelyn Atwood a choisi de décrire en détails le quotidien immuable de Darya, saisissant au plus près chacun de ses gestes, la suivant du matin au soir dans ses tâches ménagères et les soins qu’elle prodigue aux vieilles dames. Le livre choisit délibérément de ne rien occulter de ces étapes, souvent fastidieuses, pour mieux souligner au fil des pages la répétition, la monotonie, la lourdeur de la routine et la difficulté physique inhérentes à la vie d’une badante. Pourtant Darya semble ne jamais se plaindre et les photographies montrent à quel point elle demeure attentive à tout ce qu’elle fait.
L’intérêt de cette série tient aussi au fait que la photographe a suivi Darya lors d’un court séjour en Ukraine, où elle retrouve son mari et ses filles. Cette confrontation avec ses origines est bouleversante en ce sens qu’elle nous fait mesurer la trajectoire de Darya et nous renvoie à toute la complexité sociale et affective des migrations qui n’occultent en rien la singularité des histoires de vie.

En grande photographe nourrie par les enseignements de la photographie documentaire américaine, Jane Evelyn Atwood a comme à son habitude écrit un texte pour accompagner ses photographies. Dans une belle écriture, simple et sans effet, elle enrichit avec des mots son récit en images, apportant à la fois quelques précisions sur la vie et les conditions de travail de Darya, mais livrant aussi son point de vue personnel de photographe à travers une analyse fine de ce qu’elle observe, en Italie comme en Ukraine. Car au-delà de ce que Darya nous révèle de la vie d’une badante et des prises de conscience qui en résultent, ce livre est aussi une rencontre entre deux femmes, l’une américaine et l’autre ukrainienne, qui chacune à sa manière ont choisi de s’intéresser aux autres.

 

Darya.
Bolzano, Italy. Darya, from Ukraine, begins her day at 6:30 am in the small apartment where she works as a caregiver – badante – to four elderly sisters. It is estimated that there are more than 1.3 million foreign caretakers in Italy, most of them women, who have left their countries and families. With her usual empathy, Jane Evelyn Atwood has chosen to show their living and working conditions, following Darya from morning to night in an unchanging daily routine. This book questions both a little known migratory phenomenon and the fate of the elderly in Europe. 

Les auteurs

Jane Evelyn Atwood

Jane Evelyn Atwood est une photographe américaine née en 1947, qui vit en partie à Paris. Fascinée par les personnes hors normes et par la notion d’exclusion, elle consacre plusieurs années à ses sujets, travaillant jusqu’à ce que ses images traduisent l’empathie qu’elle ressent. Lauréate de nombreux prix, publiée et exposée internationalement, elle est l’auteure d’une dizaine de livres parmi lesquels Trop de peines. Femmes en Prison (Albin Michel, 2000), publié simultanément en anglais sous le titre Too Much Time, Women in Prison (Phaidon, 2000), une référence photographique sur le thème de l’incarcération féminine, ainsi que : Nächtlicher Alltag (Daily Nightlife) (Mahnert Lueg Verlag, 1980) consacré aux prostituées de Paris, Sentinelles de l’ombre (Le Seuil, 2004), sur les ravages de mines anti-personnelles, À contre coups (Xavier Barral, 2006), montrant quinze portraits écrits et photographiques livrant le récit de violences faites aux femmes, Haïti (Actes Sud, 2008), Jane Evelyn Atwood (coll. Photo Poche, Actes Sud, 2010), Rue des Lombards (Xavier Barral, 2011), réédition de son tout premier travail sur la prostitution et Pigalle People. 1978-1979 (Le Bec en l’air, 2018), un témoignage rare sur le Pigalle de la fin des années 1970, et qui a fait l'objet d'une exposition lors des Rencontres d'Arles en 2018.


Caractéristiques

Dimensions 19 × 20 cm
Isbn

978-2-36744-171-9

Nombre de pages

228

Langue(s)

français / anglais

Photographies

60 photographies noir et blanc

Couverture

cartonnée, toilée

Parution

2022

Revue de presse

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