Description
Si nous trouvions sur Terre les restes d’une vie extraterrestre, serions-nous à même de bien les reconnaître ? Peut-on envisager d’autres formes de vie ailleurs dans l’univers, suffisamment avancées qui plus est pour nous visiter ? Quelle forme cette curieuse vie extraterrestre pourrait-elle prendre et comment se manifesterait-elle ? Quelles en seraient les preuves ? Comment les scientifiques enquêteraient-ils et la société réagirait-elle ? La vie sur terre pourrait-elle avoir une origine extraterrestre ?
Le livre Sommes-nous seuls ? est un projet pluridisciplinaire qui explore la possibilité d’une vie extraterrestre à travers une collaboration étroite entre l’art et la science. Conçu par la photographe Alexa Brunet, l’astrophysicien Roland Lehoucq et le paléontologue Jean-Sébastien Steyer, il propose un récit original qui hybride très librement le réel et la fiction pour interroger nos certitudes sur l’altérité cosmique.
Le contenu se structure en trois chapitres principaux, conçus comme une vaste enquête :
La découverte de « Lucienne »
Le récit débute par la mise au jour d’un artefact et d’une créature étrange dont la morphologie, mêlant des caractères de mollusques et de vertébrés, défie les classifications terrestres classiques. Cette créature est le fruit d’un exercice de biologie spéculative, visant à imaginer une forme de vie fictive mais scientifiquement plausible.
Témoins et manifestations
Ce volet fait le lien entre cette découverte et l’histoire des objets volants non identifiés (suivis par le GEIPAN, Groupe d’Étude et d’Information sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés), en s’appuyant sur des documents d’archives, des portraits et des témoignages d’observateurs.
La quête scientifique
Le dernier chapitre retrace les tentatives humaines pour communiquer avec d’éventuelles intelligences extraterrestres, notamment à travers les programmes SETI et l’étude des exoplanètes.
Au-delà de son aspect narratif, l’ouvrage se veut un outil pédagogique de vulgarisation scientifique. En utilisant le concept du « faux » (canular) de manière contrôlée, les auteurs sollicitent avec malice la perception du lecteur pour mieux expliciter la démarche scientifique et stimuler l’esprit critique face aux données non vérifiées. Le livre intègre également des concepts de pointe tels que l’exo-paléontologie — la recherche de traces de vie fossiles dans l’univers — et le paradoxe de Fermi, tout en offrant une mise au point scientifique rigoureuse sur les conditions d’habitabilité des mondes lointains.
Ce travail est comme un miroir tendu à l’humanité : en cherchant des traces d’une vie ailleurs, il nous force à redéfinir ce que signifie être vivant sur Terre et comment nous percevons ce qui nous dépasse.
Extraits des textes
« Imaginer un alien », par Jean-Sébastien Steyer
La biologie spéculative est un jeu intellectuel consistant à imaginer une forme de vie fictive la plus plausible et réaliste possible. Il peut s’agir d’un organisme qui peuple la biodiversité sur Terre, par exemple dans un futur plus ou moins lointain (évolution spéculative), ou qui fait partie d’une biodiversité extraterrestre (exobiologie spéculative). Dans la culture des mondes imaginaires, en particulier dans l’industrie du jeu vidéo et du cinéma, cet exercice de pensée se nomme aussi le creature design.
Pour atteindre son but, la biologie spéculative doit prendre en compte les connaissances scientifiques en matière de biologie bien sûr, mais aussi d’écologie, d’exobiologie et de paléontologie. Bactéries, dinosaures, tardigrades ; l’évolution des espèces nous montre en effet que la vie est résiliente et peut apparaitre d’une manière insoupçonnée dans des conditions extrêmes : chaque plongée en bathyscaphe dans les abysses nous remonte son lot de nouvelles espèces, tout comme chaque exploration paléontologique nous livre des fossiles plus spectaculaires les uns que les autres.
« Une si séduisante possibilité de vie », par Roland Lehoucq
Durant l’été 1950, réagissant à l’actualité des « soucoupes volantes » qui défrayaient la chronique, le physicien Enrico Fermi (1901-1954) demande au cours d’une conversation informelle avec trois collègues : « Si les extraterrestres existent, où sont-ils donc ? ». Pour y répondre, il se lance dans un calcul « de coin de table » dont il était friand. En supposant qu’une civilisation extraterrestre technologiquement avancée nous ait précédé dans la Galaxie et qu’elle a tenté de la coloniser, Fermi estime qu’une vitesse globale du front de colonisation de seulement 1% de la vitesse de la lumière suffit à la visiter entièrement en quelques millions d’années : c’est très court par rapport à l’âge de la Galaxie et à la durée d’évolution de la vie terrestre. Fermi en conclut que si des civilisations extraterrestres technologiquement avancées ont existé, nous devrions en voir la trace, ce qui n’est pas le cas…
De nombreuses réponses à ce paradoxe ont été proposées. La première est qu’il n’y a jamais eu de civilisations extraterrestres et que nous sommes seuls dans ce vaste Univers : au moins une des hypothèses de Fermi ne serait pas vérifiée, faussant ainsi son calcul. La deuxième est qu’elles existent mais qu’elles ne sont pas encore entrées en contact avec nous. C’est celle que suggère Calvin, le petit garçon de la bande dessinée Calvin & Hobbes de Bill Watterson, en contemplant une décharge sauvage en pleine forêt : « Parfois je me demande si la meilleure preuve qu’il existe des espèces intelligentes quelque part dans l’Univers c’est qu’aucune n’a encore essayé de nous contacter ». La troisième — elles existent et sont déjà venues — est la plus discutable d’un point de vue scientifique et pourtant la plus séduisante aux yeux du public. C’est celle dont nous discutons et que nous mettons en scène dans ce livre.









