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Oran. On y sera ensemble


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De l’exploration d’archives d’une famille pied-noire à une immersion dans la jeunesse oranaise, un livre qui repense les relations entre la France et l’Algérie.

From the archives of a Pied-Noir family to an immersion in the youth of Oran, this book reexamines the relationship between France and Algeria.

Textes et photographies
Margot Wallard

Textes
Julie Jones, Yann Scioldo Zürcher

En librairie le 6 novembre 2026

UGS : ORAN Catégories : ,

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Description

Oran. On y sera ensemble est l’aboutissement d’un projet éditorial au long cours de la photographe Margot Wallard, né d’une histoire familiale intime et progressivement élargi à une réflexion contemporaine sur les mémoires, les héritages et les possibles relations entre la France et l’Algérie.

Petite-fille de pieds-noirs, l’autrice a grandi dans un univers où l’Algérie était omniprésente, transmise presque exclusivement par la parole de sa grand-mère, dépositaire d’une mémoire affective, apolitique, profondément marquée par l’exil et l’impossibilité du retour. Le décès de cette figure centrale agit comme un déclencheur : consciente de la fragilité de cette mémoire orale, Margot Wallard engage un travail de transmission et de transformation, à partir des archives familiales soigneusement conservées par sa grand-mère : une forme d’œuvre personnelle faite de photographies, lettres, objets, coupures de presse annotées.

À partir de 2018, ce travail prend une nouvelle dimension avec plusieurs séjours à Oran. Le projet s’ancre d’abord dans un geste symbolique et intime – le retour sur les lieux des récits familiaux, puis la dispersion des cendres des grands-parents en compagnie de Jeanne, la mère de Margot Wallard – avant de se déplacer progressivement vers le présent. Bientôt, la photographe s’éloigne d’une enquête mémorielle centrée sur les pieds-noirs pour s’ouvrir à la ville d’aujourd’hui et à ses habitants, en particulier à une jeunesse oranaise – Youcef, Réda, Nora, Issam, Mouaadh… – avec laquelle elle noue des relations durables. En donnant une place centrale à cette jeunesse, à ses préoccupations quotidiennes, à ses amitiés, à ses désirs de circulation et d’ouverture, Margot Wallard fait émerger des convergences entre les deux rives de la Méditerranée.

Alors même que le contexte politique contemporain tend à durcir les frontières et les discours, le projet affirme, par l’expérience vécue et partagée, la possibilité de relations fondées sur l’écoute, la conversation et la reconnaissance mutuelle. Ce déplacement, d’une histoire familiale marquée par l’exil à une attention portée au présent algérien, est au cœur de l’originalité du livre : Oran ne fige pas le passé, mais le met en tension avec des réalités contemporaines, faisant émerger un espace de dialogue entre générations, histoires et territoires.

L’ouvrage mêle étroitement photographies contemporaines réalisées en Algérie et archives familiales retravaillées. Scannées, recadrées, agrandies, ces images anciennes sont traitées sans hiérarchie avec les photographies du présent. Ce choix formel, souligné par l’historienne de la photographie Julie Jones, permet de créer une narration fragmentaire et polyphonique proche du fonctionnement de la mémoire elle-même. Les images dialoguent avec des textes (récits, conversations retranscrites, analyses) qui donnent une place essentielle à la parole, conçue comme le véritable vecteur de transmission. L’ensemble compose une forme éditoriale exigeante, où le montage, les silences, l’absence de légendes ou de repères temporels précis participent pleinement du sens.

Les textes de l’historienne de la photographie Julie Jones et de l’historien Yann Scioldo-Zürcher éclairent les enjeux du livre. Tous deux insistent sur la capacité du livre Oran à éviter les écueils habituels liés à la représentation des pieds-noirs : ni nostalgie idéalisée, ni posture culpabilisante ou expiatoire. En s’inscrivant pleinement dans les approches contemporaines des études postcoloniales, le livre propose une lecture décentrée, sensible et nuancée de cette histoire complexe. Yann Scioldo-Zürcher souligne notamment comment l’ouvrage fait dialoguer différentes temporalités et géographies, révélant les fractures, mais aussi les continuités, entre histoire coloniale, exil, et société algérienne actuelle. Par son agencement subtil, le livre aide à penser « autrement » les relations franco-algériennes, en sortant des conflits mémoriels figés.

Les auteurs

Julie Jones

Docteure en histoire de l’art, Julie Jones est historienne de la photographie. Elle a enseigné à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Avec Agnès Geoffray, elle a présenté l’exposition Il y a de l’autre, aux Rencontres d’Arles (2016) et elle a été commissaire de plusieurs expositions au Centre Pompidou, dont L’Image et son double (2021), Shunk-Kender (2019), Photographisme (2017), Louis Stettner (2016). Elle a publié de nombreux articles, textes d’exposition et critiques sur l’histoire de la photographie et l’art contemporain. Elle a récemment exercé comme conservatrice au Cabinet de la photographie du Musée national d’art moderne–Centre Pompidou, où elle a piloté plusieurs projets majeurs d’exposition et de valorisation des collections. Julie Jones a été nommée en décembre 2025 directrice de la Maison européenne de la photographie (MEP), à Paris.



Margot Wallard

Née en 1978 à Paris, Margot Wallard découvre la photographie à l’adolescence et s’engage très tôt dans une pratique documentaire et artistique ancrée dans les marges. À la fin des années 1990, elle se fait remarquer par son travail sur le mouvement des Free Parties, exposé dans des lieux alternatifs parisiens, avant de rejoindre l’Atelier Reflexe, où elle affirme une approche de la photographie comme langage d’expression personnelle et espace de dialogue avec le champ de l’art contemporain. Son œuvre se construit dès lors au fil de projets au long cours, souvent liés au déplacement et à l’expérience intime : voyages en Europe de l’Est et en Asie avec No Name No City, projets collectifs européens interrogeant l’espace public, l’identité et la condition féminine, puis un tournant autobiographique majeur avec Mon frère Guillaume et Sonia, consacré à l’alcoolisme de son frère et de sa compagne. Installée en Suède à partir de 2010, elle cofonde l’Atelier Smedsby avec JH Engström et développe une œuvre reconnue internationalement, notamment avec Natten, salué par la critique et sélectionné pour plusieurs prix majeurs. Au cœur de sa démarche, Margot Wallard revendique une narration autobiographique où chaque projet correspond à une période charnière de son existence. Partant d’une introspection profonde, elle cherche à dépasser le récit personnel pour toucher à des questionnements universels. Son travail s’élabore dans un va-et-vient constant entre monde intérieur et monde extérieur, mémoire intime et histoire familiale, interrogeant les notions d’identité, de transmission et de temporalité. Images, objets et archives issus de différents parcours se mêlent dans une recherche formelle et émotionnelle menée sur le temps long. À travers cette œuvre fragmentée, réinventée et offerte au regard, Margot Wallard explore les zones d’incertitude de l’expérience humaine et notre difficulté à en saisir toute la fragilité. Représentée par la galerie Dorothée Nilsson (Berlin) et la galerie VU’ (Paris), elle poursuit aujourd’hui ses recherches entre la France et l’étranger, notamment en Algérie et en Normandie.  



Yann Scioldo-Zürcher

Informations complémentaires

Dimensions 30 × 21 cm
Isbn

978-2-36744-213-6

Couverture

cartonnée, marquage à chaud

Langue(s)

français / anglais

Nombre de pages

176

Photographies

240 photographies en noir et blanc et en couleurs

Parution

2026