Les Chants de l’Asphodèle


38,00

La crise migratoire contemporaine vue à travers le temps long de l’histoire méditerranéenne à Lesbos

Photographies
Mathias Benguigui

Textes
Agathe Kalfas

Exposition Rencontres d’Arles 2021

UGS : ASFO Catégories : , Géographie : ,

Le Livre

La question migratoire est devenue un des enjeux contemporains les plus importants à l’échelle de la planète. Nombreux sont les artistes qui s’en emparent, avec l’enjeu de porter un regard différent sur un sujet que les médias épuisent au quotidien. Pour dépasser cet écueil, Mathias Benguigui, photographe documentaire, a choisi la voie de l’histoire, celle de l’île de Lesbos où se côtoient deux récits de migrations.
L’une, récente, est désormais dans tous les esprits : en 2015, près de 500 000 réfugiés principalement originaires du Proche-Orient ont échoué sur les plages de cette île grecque, à 12 kilomètres à peine des côtes turques. L’autre est ancienne et moins connue. Ces arrivées massives ont réveillé la mémoire collective des habitants de l’île, pour qui elles font écho à la « Grande catastrophe » de 1922 – l’exil d’1,3 million de Grecs orthodoxes installés depuis l’Antiquité en Asie mineure mais contraints de fuir les épurations ethniques orchestrées par Mustafa Kemal, fondateur de la République turque. 45 000 d’entre eux étaient alors arrivés à Lesbos dans le plus grand dénuement.

Les Chants de l’Asphodèle – ce lieu mythologique des enfers où les âmes n’ayant commis ni crimes ni action vertueuse patientent éternellement – est une recherche documentaire qui puise dans la juxtaposition de ce double régime de strates historiques. En s’affranchissant ainsi de l’actualité et de ses codes iconographiques, les auteurs ouvrent un espace de création sensible et poétique. Par une série d’images mêlant paysages et portraits de la population de l’île, à la fois insulaire et migrante, Mathias Benguigui propose une lecture des défis imposés à ce territoire en jouant des frontières entre fiction et réalité. Les textes d’Agathe Kalfas répondent au langage des images pour en enrichir la narration et plonger le lecteur dans l’épaisseur de la vie quotidienne de l’île.

Le livre est ponctué d’extraits choisis dans l’œuvre de deux poètes emblématiques de la génération dite « des années 1930 » qui ont contribué à redéfinir l’identité de la Grèce moderne au lendemain de la Grande Catastrophe de 1922 : Odysseus Elytis, originaire de Lesbos – toute comme Sappho, la plus célèbre poétesse grecque antique – et Constantin Cavafis.

Ce livre est publié à l’occasion de l’exposition Les Chants de l’Asphodèle à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz lors des Rencontres de la photographie d’Arles 2021.

 

To address the contemporary migration crisis, photographer Mathias Benguigui chose the path of history, on the island of Lesbos, where two tales of migration come together: the current one, at the forefront of everyone’s mind, and the one that saw the arrival on the island of 45,000 Greek Orthodox Christians fleeing Turkey in 1922. By breaking away from current events, the photographer opens up a poetic space, where landscapes and portraits intermingle, in dialogue with the texts of Agathe Kalfas and the 20th century Greek poets.

Les auteurs

Agathe Kalfas

Agathe Kalfas travaille depuis 10 ans dans la conception et la gestion de projets culturels, en France et à l’étranger, notamment au sein du réseau culturel français (Instituts français du Maroc et du Laos, Alliance française de Madagascar). En 2014, elle devient directrice de Parole de photographe, association dédiée à la promotion du photojournalisme et à l’éducation à l’image. Aujourd’hui consultante indépendante en photographie, elle travaille au service des photographes pour le développement et la diffusion de leurs projets. Depuis septembre 2019 elle collabore avec Inland, agence coopérative de photographes documentaires internationaux. D’origine grecque, descendante de réfugiés d’Asie Mineure, elle a mené aux côtés de Mathias Benguigui une recherche documentaire sur l’histoire migratoire de Lesbos.



Mathias Benguigui

Né en 1991 à Avignon, Mathias Benguigui vit et travaille à Paris. D’abord assistant de Jean-Paul Goude et Bettina Rheims, en tant qu’assistant, il commence à travailler comme photographe pour des institutions culturelles, il obtient en 2016 le diplôme Photojournalisme et documentaire de l’EMI-CFD Paris et remporte le Grand Prix du photoreportage étudiant Paris Match/Puressentiel avec son premier reportage intitulé Tao. Il débute une collaboration avec le journal Libération en tant qu’iconographe. Depuis, il continue de travailler pour la presse en tant que photographe et iconographe tout en produisant des projets documentaires personnels au long cours sur des sujets tels que l’identité, la mémoire ou le déracinement. En 2019, il est nommé à la Joop Swart Masterclass du World Press Photo par l’Agence VU’. La série photographique qui fait l'objet de ce livre a été finaliste du Prix Mentor, du Prix Albert Khan et du Prix Maison Blanche.



Caractéristiques

Dimensions 19 × 25 cm
Isbn

978-2-36744-157-3

Nombre de pages

152

Langue(s)

français / grec

Photographies

72 photographies en couleurs

Couverture

cartonnée, toilée, marquage à chaud

Parution

2021

Revue de presse

Consulter la revue de presse de ce livre.